Véhicule utilitaire électrique : recharge à domicile et remboursement pour artisans et techniciens

Techniciens de maintenance, artisans, installateurs, livreurs : de plus en plus d’entreprises passent leurs véhicules utilitaires à l’électrique. Beaucoup de ces véhicules dorment chez le salarié pour éviter un détour par le dépôt chaque matin. La recharge se fait alors au domicile, sur l’installation du salarié. Comment organiser cette recharge et la rembourser correctement ?

Réponse courte : l’électricité utilisée pour recharger un utilitaire de l’entreprise au domicile du salarié est un frais professionnel, que l’entreprise rembourse au réel : l’énergie consommée par le véhicule multipliée par le tarif payé par le salarié. Lorsque le véhicule est réservé à l’usage professionnel et que son remisage à domicile répond aux conditions de l’URSSAF, il n’y a pas d’avantage en nature.

véhicule utilitaire électrique en recharge à domicile

Pourquoi les utilitaires électriques sont rechargés au domicile

Pour un technicien qui commence sa tournée chez le premier client, passer par le dépôt chaque matin fait perdre du temps et des kilomètres. Le remisage du véhicule au domicile est donc fréquent. Avec un utilitaire électrique, ce remisage devient aussi le moment de la recharge : le véhicule repart chaque matin avec une batterie pleine, sans arrêt sur une borne publique.

Avantage en nature : le cas du remisage à domicile

Un utilitaire mis à disposition uniquement pour le travail ne constitue pas un avantage en nature. Lorsque le salarié l’utilise aussi pour les trajets entre son domicile et son lieu de travail, l’URSSAF admet l’absence d’avantage en nature si plusieurs conditions sont réunies :

  • l’utilisation du véhicule est nécessaire à l’activité professionnelle ;
  • le véhicule n’est pas à la disposition permanente du salarié pour ses besoins personnels ;
  • le salarié ne peut pas utiliser les transports en commun, en raison de ses horaires ou de la situation géographique.

Ces règles doivent figurer dans la car policy ou dans une note d’attribution, et l’usage privé doit être interdit et contrôlable. Si le salarié utilise l’utilitaire le week-end ou pendant ses congés, un avantage en nature doit être évalué. Voir notre modèle de car policy véhicule électrique.

Quelle installation pour recharger un utilitaire au domicile ?

Un utilitaire consomme généralement plus d’énergie qu’une voiture, surtout lorsqu’il est chargé : souvent entre 20 et 30 kWh aux 100 km selon le gabarit et l’usage. Le choix de l’installation dépend de la distance parcourue chaque jour.

Distance quotidienneInstallation adaptéeRemarque
Moins de 80 kmPrise renforcée (3,2 à 3,7 kW)Une nuit suffit dans la plupart des cas
80 à 200 kmBorne de 7,4 kWInstallateur qualifié IRVE obligatoire au-delà de 3,7 kW
Plus de 200 kmBorne + recharge rapide en journéePrévoir une carte de recharge pour l’itinérance

Le stationnement compte aussi : un utilitaire garé dans la rue ne peut pas être rechargé sur l’installation du domicile. Il faut vérifier avant l’attribution que le salarié dispose d’une place privative accessible. En copropriété, le droit à la prise permet d’équiper une place de parking.

Rembourser l’électricité au réel

L’électricité de recharge d’un utilitaire de l’entreprise est un frais professionnel. Le remboursement au réel consiste à multiplier l’énergie consommée par le véhicule par le tarif payé par le salarié, en tenant compte des pertes de recharge. Les justificatifs à conserver sont détaillés dans notre article sur les justificatifs de recharge pour l’URSSAF.

Exemple : un technicien parcourt 120 km par jour, 220 jours par an, avec un utilitaire qui consomme 25 kWh aux 100 km. En tenant compte de 10 % de pertes, il prélève environ 7 260 kWh par an. Au tarif réglementé option Base (0,2001 € le kWh au 1er août 2026), le remboursement annuel s’élève à environ 1 452,73 €. En heures creuses (0,1589 €), il tombe à environ 1 153,61 €.

Et la TVA ?

Lorsque la recharge a lieu au domicile, la facture d’électricité est au nom du salarié. L’entreprise ne peut donc pas, en principe, récupérer la TVA sur les sommes remboursées. Le point est détaillé dans notre article sur la TVA et la recharge à domicile.

Le cas des artisans indépendants

Un artisan qui exerce en entreprise individuelle et recharge son propre utilitaire professionnel chez lui ne se rembourse pas lui-même : la part professionnelle de l’électricité est une charge de son entreprise, à justifier selon les règles fiscales de son régime. Un suivi des sessions de recharge facilite la distinction entre consommation du foyer et consommation du véhicule.

Simplifier la gestion d’une flotte d’utilitaires

Sur une flotte de techniciens, la collecte des relevés de recharge peut vite devenir une charge administrative. ChargiZ se connecte directement aux véhicules via les API constructeur, identifie chaque session de recharge et produit le justificatif mensuel de remboursement, sans borne communicante à installer chez chaque salarié.

Questions fréquentes

Un utilitaire électrique rechargé au domicile est-il un avantage en nature ?

Non, si le véhicule est réservé à l’usage professionnel et que le remisage à domicile respecte les conditions de l’URSSAF : utilisation nécessaire à l’activité, pas de mise à disposition permanente pour des besoins personnels, impossibilité d’utiliser les transports en commun.

Comment rembourser la recharge d’un utilitaire au domicile du salarié ?

Au réel : l’énergie consommée par le véhicule multipliée par le tarif payé par le salarié, pertes de recharge comprises, avec des justificatifs conservés.

Une prise renforcée suffit-elle pour un utilitaire électrique ?

Oui pour une distance quotidienne inférieure à environ 80 km. Au-delà, une borne de 7,4 kW est plus adaptée, installée par un professionnel qualifié IRVE.

L’entreprise peut-elle récupérer la TVA sur la recharge à domicile d’un utilitaire ?

En principe non, car la facture d’électricité est au nom du salarié. La TVA ne peut être récupérée que sur des factures établies au nom de l’entreprise.

Combien consomme un utilitaire électrique ?

Souvent entre 20 et 30 kWh aux 100 km selon le gabarit, la charge transportée, la vitesse et la saison. Les données réelles du véhicule restent la meilleure référence.

À lire aussi

Yassine Moumen, Président de ChargiZ. Publié le 10 octobre 2026, mis à jour le 10 octobre 2026.

Sources