Remboursement des recharges à domicile pour les salarié

Avec l’accélération de l’électrification des flottes d’entreprise, une question revient systématiquement sur la table des gestionnaires de parc : comment gérer la recharge à domicile des salariés disposant d’un véhicule électrique de fonction ? Entre règles URSSAF, avantages en nature et solutions techniques, le sujet est plus complexe qu’il n’y paraît. Voici un guide clair et structuré pour piloter sereinement la recharge hors site.

Salarié rechargeant son véhicule électrique de fonction à son domicile

Pourquoi la recharge à domicile est devenue un enjeu stratégique pour les flottes

En 2026, la majorité des conducteurs d’un véhicule électrique de fonction effectuent l’essentiel de leurs recharges à leur domicile, notamment la nuit. C’est logique : les tarifs d’électricité en heures creuses sont compétitifs, et la recharge lente nocturne préserve la batterie du véhicule. Pour les entreprises, cela pose une question fondamentale : qui prend en charge le coût de l’électricité consommée au domicile du salarié ?

Ne pas cadrer ce sujet expose l’entreprise à plusieurs risques : des frais non remboursés qui créent de la frustration chez les collaborateurs, des pratiques non conformes vis-à-vis de l’URSSAF, ou encore une mauvaise gestion des avantages en nature. À l’inverse, bien structurer la politique de recharge à domicile renforce l’attractivité de la voiture de fonction électrique et sécurise la conformité sociale et fiscale de l’entreprise.

Le cadre réglementaire URSSAF en 2026 : trois situations distinctes

L’URSSAF distingue trois grandes situations de recharge que chaque gestionnaire de flotte doit maîtriser.

La recharge sur le lieu de travail

C’est le cas le plus avantageux. Jusqu’au 31 décembre 2027, l’usage privé d’une borne installée sur le lieu de travail est exonéré d’avantage en nature. Autrement dit, un salarié qui recharge son véhicule de fonction — ou même son véhicule personnel — sur le parking de l’entreprise ne génère aucune cotisation sociale supplémentaire. Cette tolérance a été expressément prolongée par les pouvoirs publics pour encourager le déploiement des infrastructures de recharge en entreprise.

La recharge à domicile

Lorsque l’employeur prend en charge l’installation d’une borne de recharge au domicile du salarié, l’avantage en nature est évalué à 50 % des dépenses réelles, dans la limite de 1 043,50 € si la borne a moins de 5 ans. Au-delà de ce plafond ou passé ce délai, le calcul évolue. Les frais d’électricité liés à la recharge du véhicule de fonction suivent quant à eux le régime fiscal du véhicule concerné.

La recharge en itinérance

Pour les déplacements professionnels, la recharge sur des bornes publiques est considérée comme une dépense professionnelle remboursable à l’identique d’un plein de carburant, sans cotisations sociales, sous réserve de justificatifs.

Remboursement des frais de recharge à domicile : les deux modalités

Quand le salarié recharge son véhicule de fonction chez lui et avance les frais d’électricité, l’entreprise peut le rembourser selon deux méthodes.

Le remboursement au réel

Le remboursement au réel implique de mesurer précisément les kilowattheures consommés pour les déplacements professionnels. Cela suppose une borne connectée capable de distinguer les recharges professionnelles des recharges personnelles, et d’exporter des relevés de consommation. C’est la méthode la plus précise et la plus défendable en cas de contrôle URSSAF.

L’indemnité kilométrique majorée

Pour les salariés utilisant leur véhicule personnel à des fins professionnelles, le barème fiscal des indemnités kilométriques s’applique avec une majoration de 20 % pour les véhicules électriques. Cette majoration reconnaît le coût de l’électricité par rapport à l’essence ou au diesel.

Le Forfait Mobilités Durables : un levier complémentaire

Le Forfait Mobilités Durables (FMD) permet à l’entreprise de verser jusqu’à 700 € par an et par salarié, exonérés de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu. Ce dispositif est cumulable avec la prise en charge des frais de recharge à domicile, ce qui en fait un outil complémentaire particulièrement efficace pour accompagner les salariés dans leur transition vers la mobilité électrique.

Installer une borne au domicile du salarié : est-ce la bonne solution ?

De plus en plus d’entreprises optent pour la prise en charge de l’installation d’une borne de recharge (IRVE) au domicile de leurs salariés ayant un véhicule électrique de fonction. Plusieurs avantages militent en ce sens :

D’abord, cela garantit une recharge fiable et sécurisée pour le collaborateur, qui n’est plus dépendant d’une simple prise domestique. Ensuite, les bornes connectées permettent de distinguer les usages professionnels et personnels, facilitant ainsi le remboursement au réel. Enfin, l’entreprise peut récupérer la TVA sur l’installation lorsque l’usage professionnel est prépondérant.

Il existe toutefois des conditions à respecter. La borne doit être restituée à l’entreprise en fin de contrat, et son régime fiscal dépend de l’ancienneté de l’équipement. Sur ce point, Chargiz propose une solution de recharge à domicile pour flotte électrique clé en main : déploiement des bornes chez les collaborateurs, supervision centralisée et gestion automatisée des remboursements, le tout via une plateforme pensée pour les gestionnaires de parc.

Smart charging et supervision : indispensables pour les grandes flottes

Dès lors qu’une flotte dépasse une dizaine de véhicules électriques avec recharge à domicile, la question de la supervision des bornes devient incontournable. Le smart charging permet d’optimiser la puissance distribuée en fonction des tarifs heures creuses, d’éviter les dépassements de puissance électrique et de générer des rapports de consommation exploitables par les équipes RH et financières.

Le protocole OCPP (Open Charge Point Protocol) est aujourd’hui le standard de l’industrie : il assure la compatibilité entre les bornes et les plateformes de supervision, et facilite l’intégration dans les systèmes de gestion de flotte existants. En 2026, toute infrastructure de recharge sans supervision centralisée représente un risque opérationnel et financier pour l’entreprise.

Ce que les gestionnaires de parc doivent mettre en place dès maintenant

Pour structurer efficacement la recharge à domicile au sein d’une flotte électrique, plusieurs actions concrètes s’imposent. Il faut d’abord définir une politique de recharge claire, documentée et communiquée aux salariés concernés. Ensuite, choisir entre remboursement au réel et indemnité kilométrique en fonction des profils de conducteurs. Déployer des bornes connectées chez les salariés stratégiques permet de fiabiliser les données de consommation. Enfin, s’appuyer sur une plateforme de supervision pour centraliser la gestion et automatiser les remboursements limite les risques d’erreur et de non-conformité.

Les entreprises qui prennent de l’avance sur ces sujets ne le font pas uniquement pour des raisons de conformité : elles construisent un avantage compétitif dans le recrutement et la rétention des talents, car disposer d’un véhicule électrique de fonction avec une recharge bien prise en charge est aujourd’hui un critère d’attractivité réel.

Conclusion

La recharge à domicile est le pilier silencieux de toute politique de flotte électrique réussie. Bien encadrée, elle simplifie la vie des salariés, réduit les coûts opérationnels et sécurise la conformité sociale de l’entreprise. Mal gérée, elle génère des tensions, des risques de redressement URSSAF et une adoption freinée du véhicule électrique.

Pour les gestionnaires de parc automobile souhaitant aller plus loin sur ces sujets, rejoindre la communauté Gestion de parc automobile sur LinkedIn — plus de 4 000 membres actifs — est une excellente façon d’échanger avec des pairs et de rester informé des évolutions réglementaires.