Pertes de recharge à domicile : pourquoi le compteur affiche plus de kWh que la batterie

Un salarié recharge sa voiture électrique de fonction pendant la nuit. Le véhicule indique 10 kWh ajoutés à la batterie, mais son compteur électrique en a enregistré 12. Il n’y a ni erreur ni fraude : ce sont les pertes de recharge. Les comprendre est indispensable pour estimer un coût réel et fixer une règle de remboursement juste.

Réponse courte : une partie de l’électricité prélevée sur le réseau est perdue sous forme de chaleur lors de la conversion du courant alternatif en courant continu, dans les câbles, et pour faire fonctionner l’électronique et la gestion thermique de la batterie. Ces pertes représentent couramment 10 à 20 % de l’énergie stockée, davantage à faible puissance et par temps froid.

pertes de recharge à domicile entre le compteur et la batterie

D’où viennent les pertes de recharge ?

  • Le chargeur embarqué : le réseau domestique fournit du courant alternatif, la batterie stocke du courant continu. La conversion se fait dans le véhicule et dégage de la chaleur.
  • Les câbles et la prise : une partie de l’énergie se dissipe dans l’installation, surtout si elle est ancienne ou sollicitée longtemps.
  • L’électronique du véhicule : pendant toute la durée de la recharge, les calculateurs, les pompes et la gestion de la batterie restent alimentés.
  • La gestion thermique : par temps froid, la batterie doit être réchauffée pour accepter la charge ; par forte chaleur, elle peut être refroidie.

Pourquoi les pertes sont plus fortes sur une prise domestique

Une partie des pertes est fixe : l’électronique du véhicule consomme à peu près la même puissance que la recharge soit rapide ou lente. Sur une prise domestique (environ 2 kW), la recharge dure deux à quatre fois plus longtemps que sur une prise renforcée ou une borne : cette consommation fixe pèse donc beaucoup plus lourd. Le tableau ci-dessous donne des ordres de grandeur indicatifs, qui varient selon le véhicule et la température.

Mode de rechargePuissancePertes indicatives
Prise domestique1,8 à 2,3 kWsouvent 15 à 20 % ou plus, surtout par temps froid
Prise renforcée3,2 à 3,7 kWenviron 10 à 15 %
Borne murale7,4 kW et plusenviron 8 à 12 %

Le choix de l’installation a donc un effet sur le coût. Notre comparatif prise domestique, prise renforcée ou borne détaille les autres critères.

Combien coûtent les pertes sur une année ?

Prenons une voiture de fonction qui parcourt 15 000 km par an avec une consommation de 18 kWh/100 km, soit 2 700 kWh stockés dans la batterie, rechargée au tarif réglementé option Base (0,2001 € le kWh au 1er août 2026) :

Taux de perteskWh perdus par anCoût des pertesCoût total de la recharge
10 %270 kWh54,03 €594,30 €
20 %540 kWh108,05 €648,32 €

L’écart n’est pas négligeable à l’échelle d’une flotte : sur 100 véhicules, il représente plusieurs milliers d’euros par an. Notre article sur le coût d’une recharge à domicile détaille la méthode de calcul.

Comment réduire les pertes ?

  • Préférer une prise renforcée à une prise domestique pour une recharge quotidienne.
  • Recharger juste après avoir roulé, quand la batterie est encore tiède, surtout en hiver.
  • Éviter les recharges très longues à très faible intensité lorsque ce n’est pas nécessaire.
  • Faire vérifier l’installation électrique : une prise ou un câble qui chauffe est à la fois une source de pertes et un risque.

Pertes de recharge et remboursement : quelle règle retenir ?

Pour l’entreprise, la question est simple : rembourse-t-elle l’énergie stockée dans la batterie ou l’énergie réellement payée par le salarié ? Le salarié paie ce que mesure son compteur, pertes comprises. Rembourser uniquement l’énergie de la batterie revient donc à laisser une partie du coût à sa charge.

Deux approches sont possibles, à condition d’être écrites dans la politique de recharge et appliquées à tous :

  • Mesure côté compteur : un sous-compteur ou une borne équipée d’un compteur mesure l’énergie prélevée (voir notre article sur le compteur MID).
  • Mesure côté véhicule avec coefficient : l’énergie de recharge est issue des données du véhicule, puis majorée d’un coefficient de pertes documenté et identique pour tous les conducteurs.

ChargiZ récupère les sessions de recharge directement depuis le véhicule via les API constructeur, sans borne communicante, et applique la règle de calcul définie par l’entreprise. Le justificatif mensuel indique la méthode utilisée, ce qui facilite le contrôle.

Questions fréquentes

Pourquoi mon compteur indique-t-il plus de kWh que ma batterie ?

Parce qu’une partie de l’électricité est perdue sous forme de chaleur lors de la conversion du courant, dans les câbles et pour alimenter l’électronique et la gestion thermique du véhicule pendant la recharge.

Quel est le taux de pertes normal d’une recharge à domicile ?

Il se situe couramment entre 10 et 20 % de l’énergie stockée. Il est plus élevé sur une prise domestique, à faible puissance, et par temps froid.

Une borne réduit-elle les pertes de recharge ?

En général oui, car la recharge est plus courte et la consommation fixe de l’électronique pèse moins. Une prise renforcée offre déjà un net progrès par rapport à une prise domestique.

L’entreprise doit-elle rembourser les pertes de recharge ?

Le salarié paie l’énergie mesurée par son compteur, pertes comprises. La règle de remboursement doit en tenir compte, soit par une mesure côté compteur, soit par un coefficient de pertes documenté appliqué aux données du véhicule.

Comment réduire les pertes de recharge en hiver ?

En rechargeant juste après avoir roulé, quand la batterie est encore chaude, et en privilégiant une prise renforcée ou une borne plutôt qu’une prise domestique.

À lire aussi

Yassine Moumen, Président de ChargiZ. Publié le 10 octobre 2026, mis à jour le 10 octobre 2026.

Sources