Réforme des heures creuses : quel impact sur la recharge à domicile de vos collaborateurs ?

Depuis le 1er novembre 2025, la France a engagé la plus grande refonte des heures creuses depuis leur création. D’ici fin 2027, environ 11 millions de clients verront leurs plages horaires évoluer, avec l’apparition d’heures creuses l’après-midi. Pour les entreprises dont les collaborateurs rechargent leur véhicule de fonction chez eux, ce changement touche directement le coût de la recharge à domicile et son remboursement. Décryptage et plan d’action pour les gestionnaires de flotte.

Programmation de la recharge d'un véhicule électrique pendant les nouvelles heures creuses

Ce que change concrètement la réforme des heures creuses

Le principe reste inchangé : les clients concernés conservent 8 heures creuses par jour, facturées à un tarif réduit. C’est leur répartition qui évolue. Le nouveau schéma prévoit au moins 5 heures creuses consécutives la nuit, placées entre 23 h et 7 h, complétées par un créneau pouvant atteindre 3 heures l’après-midi, entre 11 h et 17 h. La répartition devient également saisonnière : en hiver, les heures creuses restent essentiellement nocturnes, tandis qu’entre avril et octobre le créneau de l’après-midi est privilégié pour absorber la production solaire.

Le déploiement est progressif : une première vague de clients a basculé entre novembre 2025 et juin 2026, et la seconde, la plus importante, s’étalera de décembre 2026 à octobre 2027. Chaque client est prévenu par son fournisseur au moins un mois avant le changement effectif. Sur les 14 millions de foyers en option heures pleines / heures creuses, environ 3 millions disposaient déjà de plages conformes au nouveau cadre.

Pourquoi ce nouveau découpage a été décidé

La Commission de régulation de l’énergie justifie cette évolution par la transformation du système électrique. L’essor du photovoltaïque rend l’électricité abondante et bon marché en milieu de journée, au point de générer des épisodes de prix négatifs de plus en plus fréquents. Parallèlement, le télétravail et les usages pilotables ont déplacé les moments de tension sur le réseau. Placer une partie des heures creuses entre 11 h et 17 h permet d’aligner la consommation sur cette production solaire, ce qui profite en premier lieu aux usages flexibles, la recharge d’un véhicule électrique en tête.

Recharge à domicile des salariés : trois conséquences pour l’entreprise

Des programmations de recharge à mettre à jour

La plupart des conducteurs ont programmé leur recharge sur les anciennes plages nocturnes, souvent via l’application du véhicule. Si la borne ou le véhicule n’est pas relié au compteur, la programmation ne s’adaptera pas automatiquement aux nouveaux horaires : une recharge calée sur d’anciennes heures creuses peut alors basculer en heures pleines, avec un surcoût immédiat sur la facture du salarié, donc sur le remboursement versé par l’entreprise. La bonne nouvelle : le créneau nocturne d’au moins 5 heures consécutives suffit à recharger l’essentiel des usages quotidiens d’un véhicule de fonction.

Une opportunité inédite avec le télétravail

Pour les collaborateurs en télétravail partiel, le créneau de l’après-midi ouvre une possibilité nouvelle : recharger à tarif réduit entre deux visioconférences, notamment l’été lorsque ce créneau est étendu. Une politique de recharge bien conçue peut désormais recommander deux fenêtres de charge au lieu d’une, et réduire le coût moyen du kilowattheure remboursé.

Un remboursement au réel qui devient la référence

Avec des plages horaires qui varient selon les clients, les saisons et les phases de déploiement, les forfaits mensuels de remboursement montrent leurs limites : ils ignorent le tarif réellement payé par chaque salarié. Le remboursement au réel, fondé sur les kilowattheures effectivement consommés pour le véhicule de fonction et sur le tarif du contrat du salarié, devient la seule méthode à la fois équitable pour le collaborateur et défendable pour l’entreprise. C’est le cœur de la proposition de ChargiZ : une borne de recharge connectée et supervisée qui mesure chaque session, applique le vrai tarif du salarié, heures creuses comprises, et automatise le remboursement avec les justificatifs associés. Pour approfondir le cadre social et fiscal, consultez notre guide du remboursement de la recharge à domicile des salariés.

Le plan d’action du gestionnaire de flotte

Première étape : informer les conducteurs de la réforme et leur demander de vérifier leurs nouvelles plages dès réception du courrier de leur fournisseur, en réajustant la programmation de leur recharge si elle n’est pas pilotée. Deuxième étape : actualiser la politique de recharge de l’entreprise pour intégrer le créneau de l’après-midi et la saisonnalité, un levier direct pour maîtriser le coût de la recharge de la flotte. Troisième étape : équiper les domiciles de bornes pilotées capables de caler automatiquement la charge sur les heures les moins chères. À noter également, la Commission de régulation de l’énergie a prévu d’ouvrir l’option heures creuses aux petits compteurs de 3 kVA à partir d’août 2026, ce qui élargira encore le nombre de salariés éligibles. Le détail de la réforme est présenté sur le site de la CRE et dans le guide dédié de Fournisseurs Électricité.

Conclusion

La réforme des heures creuses n’est pas un simple ajustement tarifaire : elle redéfinit les moments où la recharge à domicile coûte le moins cher, et elle le fait différemment selon les salariés et les saisons. Les flottes qui s’appuient sur des bornes pilotées et un remboursement au réel absorberont ce changement sans friction, et en tireront même des économies. Les autres découvriront le surcoût sur leurs notes de frais.

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