Recharge véhicule électrique domicile : ce que chaque entreprise doit savoir en 2026
La recharge à domicile des salariés s’impose comme un pilier incontournable de toute politique de mobilité électrique en entreprise. Avec l’accélération de l’électrification des flottes et le durcissement des obligations réglementaires, gérer correctement la recharge hors site n’est plus une option : c’est une nécessité opérationnelle, fiscale et sociale.
Pourtant, entre les règles URSSAF, les avantages en nature, les modalités de remboursement et les obligations d’installation, les employeurs naviguent souvent à vue. Ce guide complet fait le point sur tout ce qu’une entreprise doit maîtriser en 2026 pour déployer une politique de recharge domicile efficace, conforme et avantageuse.

La recharge à domicile du salarié : un levier clé pour les entreprises qui électrifient leur flotte.
Pourquoi la recharge domicile est devenue stratégique pour les flottes d’entreprise
En 2025, les mises en circulation de véhicules 100 % électriques dans les flottes d’entreprise ont progressé de +48,1 %, portant leur part de marché à 18,8 % — contre 11,6 % seulement un an plus tôt (AVERE-France / Arval Mobility Observatory). Sur les premiers mois 2026, cette dynamique s’est encore amplifiée : la part de marché des VE dans les flottes dépasse désormais les 28 %.
Face à cette électrification accélérée, la question de la recharge devient centrale. Or, la majorité des recharges d’un véhicule de fonction s’effectuent au domicile du salarié — et non sur le lieu de travail. Selon les données du secteur, plus de 70 % des recharges de flottes ont lieu à domicile ou en itinérance.
Cela implique, pour l’entreprise, de structurer une politique claire : qui finance quoi ? Comment rembourser les frais d’électricité ? Quelle solution technique déployer ? Et quelles sont les règles fiscales et sociales applicables ?
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Le cadre réglementaire en 2026 : obligations et opportunités
La loi d’Orientation des Mobilités (LOM) et ses textes d’application imposent aux entreprises de plus de 100 véhicules (PTAC < 3,5 t) des quotas de verdissement progressifs. Depuis le 1er mars 2025, seuls les véhicules 100 % électriques ou à hydrogène sont comptabilisés dans ces quotas — les hybrides rechargeables (PHEV) en sont exclus.
En cas de non-respect, la Taxe Annuelle Incitative (TAI) s’applique : 2 000 € par véhicule « manquant » en 2025, 4 000 € en 2026, et 5 000 € en 2027. Pour les gestionnaires de flotte, le message est clair : l’électrification n’est plus un projet RSE optionnel, c’est une condition de conformité budgétaire.
Parallèlement, la Loi LOM impose l’équipement des parkings d’entreprise de plus de 20 places, avec au minimum un point de recharge par tranche de 20 emplacements. Mais cette obligation de recharge sur site ne suffit pas à couvrir l’ensemble des besoins : la recharge domicile reste indispensable pour les salariés qui ramènent leur véhicule de fonction chez eux.
Ce que dit l’URSSAF sur la recharge à domicile en 2026
La réglementation sociale distingue trois situations : la recharge sur le lieu de travail, la recharge à domicile du salarié, et la recharge en itinérance (sur bornes publiques). Chaque cas obéit à des règles spécifiques.
Recharge sur le lieu de travail : aucun avantage en nature
C’est le cas le plus favorable. Lorsque l’employeur met à disposition une borne sur son site, aucun avantage en nature n’est constitué, même pour l’électricité consommée lors des trajets personnels du salarié. Cette tolérance administrative, confirmée par le Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale (BOSS), simplifie considérablement la gestion quotidienne.
Borne installée au domicile du salarié : des plafonds précis
Lorsque l’employeur finance l’achat et l’installation d’une borne IRVE au domicile de son salarié, les règles sont les suivantes (valeurs au 1er janvier 2026, source URSSAF.fr) :
- Borne de moins de 5 ans, borne restituée en fin de contrat : aucun avantage en nature, quelle que soit la dépense engagée.
- Borne de moins de 5 ans, borne maintenue au domicile : exonération de cotisations dans la limite de 50 % des dépenses réelles, plafonnée à 1 057,10 €.
- Borne de plus de 5 ans, borne maintenue : exonération dans la limite de 75 % des dépenses réelles, plafonnée à 1 585,50 €.
Important : les frais d’électricité pris en charge par l’employeur n’entrent pas dans le calcul de l’avantage en nature du véhicule. Seuls les frais d’installation et d’abonnement sont concernés.
L’exonération générale sur les infrastructures de recharge jusqu’en 2027
Une mesure structurante pour les employeurs : la mise à disposition d’une infrastructure de recharge par l’entreprise ne constitue pas un avantage en nature jusqu’au 31 décembre 2027, quelle que soit sa forme — borne installée au domicile, sur le parking de l’entreprise, ou accessible via un badge sur des réseaux publics. Cette fenêtre doit être saisie pour déployer les équipements sans friction sociale ni coût supplémentaire pour les salariés.
Avantage en nature véhicule électrique : les règles de calcul 2026
Au-delà de la borne elle-même, la mise à disposition d’un véhicule de fonction électrique génère un avantage en nature soumis à cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu. Voici les règles en vigueur en 2026 (source : URSSAF.fr, arrêté du 25 février 2025) :
- Pour un VE éco-scoré (respectant les critères du score environnemental de l’ADEME, anciennement « bonus écologique ») mis à disposition à partir du 1er février 2025 : abattement de 70 % sur l’avantage en nature, dans la limite de 4 641,60 €/an en 2026.
- Pour un VE standard (sans éco-score) : abattement de 50 %, plafonné à 2 026,30 €/an.
- Les frais d’électricité pris en charge par l’employeur n’entrent pas dans le calcul de l’avantage en nature, quelle que soit la situation.
Concrètement, pour un salarié bénéficiant d’un véhicule éco-scoré loué 8 000 €/an (loyer + entretien + assurance), parcourant 18 000 km personnels sur 30 000 km totaux, l’avantage en nature sera de 4 800 € × (1 – 70 %) = 1 440 € par an, soit environ 120 € mensuels sur sa fiche de paie — contre plus de 400 € pour un véhicule thermique équivalent.
Remboursement des frais de recharge à domicile : quelle méthode choisir ?
L’employeur dispose de deux grandes options pour rembourser les frais d’électricité engagés par le salarié à domicile lors de l’utilisation professionnelle du véhicule.
Le remboursement au réel (méthode recommandée par l’URSSAF)
Le salarié justifie sa consommation d’électricité sur la base de kWh mesurés, via un sous-compteur ou une borne connectée permettant de distinguer usages professionnels et personnels. L’employeur rembourse sur présentation de justificatifs.
Cette méthode est la plus sécurisante d’un point de vue fiscal et social, mais elle nécessite un outillage technique adapté (borne communicante, logiciel de supervision).
Le forfait kilométrique électricité
Une alternative simplifiée : un montant fixe de 0,05 € par kilomètre professionnel (taux 2025, revalorisé vs 0,04 € en 2024) peut être remboursé sans justificatif détaillé de consommation. Pour les véhicules personnels électriques, le barème fiscal des indemnités kilométriques s’applique avec une majoration de 20 %.
Attention : si un forfait est utilisé, il doit être justifié par une méthode documentée. Un remboursement mal encadré peut être requalifié par l’URSSAF en avantage en nature soumis à cotisations.
Quelle solution technique pour piloter tout cela ?
La gestion manuelle des remboursements de recharge domicile est rapidement chronophage et source d’erreurs. Les plateformes SaaS spécialisées comme les solutions de gestion de recharge pour flottes permettent d’automatiser la collecte des données de recharge, le calcul des remboursements et la production des justificatifs — en conformité avec les exigences URSSAF.
Crédit d’impôt borne à domicile (CIBRE) : ce qui a changé en 2026
Un point d’attention pour les entreprises qui accompagnent leurs salariés dans l’installation de bornes à domicile : le crédit d’impôt pour l’installation d’une borne pilotable (CIBRE), qui permettait aux particuliers de récupérer 75 % des dépenses dans la limite de 500 € par borne, s’appliquait uniquement aux dépenses payées jusqu’au 31 décembre 2025.
Ce dispositif n’est pas reconduit en 2026 (Source : Service-Public.fr, vérifié en avril 2026). Les salariés qui envisageaient de faire installer une borne à leur domicile pour un véhicule de fonction ou personnel ne peuvent plus en bénéficier pour les dépenses engagées à partir du 1er janvier 2026.
En revanche, l’exonération sociale côté employeur (infrastructure de recharge sans avantage en nature jusqu’au 31 décembre 2027) reste pleinement en vigueur et constitue l’alternative la plus avantageuse pour les entreprises souhaitant équiper leurs collaborateurs.
Recharge domicile et Forfait Mobilités Durables : peut-on cumuler ?
Le Forfait Mobilités Durables (FMD) permet à l’employeur de prendre en charge jusqu’à 900 € par an de frais de déplacements domicile-travail, exonérés de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu. Il couvre notamment les vélos, les transports en commun hors abonnement obligatoire, ou certains services de mobilité partagée.
Ce dispositif peut être cumulé, sous conditions, avec le remboursement des frais d’alimentation d’un véhicule électrique personnel. La mise en place nécessite un accord d’entreprise ou, à défaut, une décision unilatérale de l’employeur après consultation du CSE.
Points de vigilance pour les gestionnaires de flotte
- Traçabilité indispensable : distinguer recharge professionnelle et personnelle est une exigence URSSAF. Une borne connectée et un logiciel de supervision sont fortement recommandés.
- TVA non récupérable : pour les véhicules de tourisme (VP), la TVA sur l’électricité consommée n’est pas déductible. Elle l’est uniquement pour les utilitaires à usage strictement professionnel.
- Documentation des remboursements : tout forfait doit être justifié par une méthode documentée pour éviter le risque de requalification en avantage en nature.
- Éco-score à vérifier avant commande : l’abattement renforcé de 70 % sur l’AEN ne s’applique qu’aux véhicules respectant les critères du score environnemental. À vérifier impérativement avant tout renouvellement de flotte.
- Malus au poids dès juillet 2026 : les VE qui ne satisfont pas au score environnemental seront assujettis au malus à la masse (avec abattement de 600 kg) à partir de juillet 2026. Un critère supplémentaire à intégrer dans les grilles de sélection véhicule.
Conclusion
La recharge à domicile est aujourd’hui au cœur de la stratégie de mobilité électrique des entreprises. Bien encadrée, elle représente un avantage concurrentiel réel : réduction des coûts énergétiques, optimisation fiscale et sociale, amélioration de l’expérience collaborateur et conformité réglementaire.
Mais elle exige une structuration rigoureuse : choix du mode de remboursement, déploiement d’une solution de gestion connectée, mise à jour des politiques de flotte et veille continue sur un cadre réglementaire en évolution constante.
C’est précisément ce que les solutions de gestion de recharge comme Chargiz permettent d’adresser — en automatisant le suivi, le remboursement et la conformité, pour que la transition électrique soit un levier de performance et non une charge administrative.
Sources et références
- URSSAF.fr – Avantages en nature véhicule et borne de recharge (mis à jour mars 2026)
- Service-Public.fr – Crédit d’impôt borne de recharge (vérifié avril 2026)
- AVERE-France – Ce qui change en 2026 pour la mobilité électrique
- Arval Mobility Observatory – Baromètre des Flottes et de la Mobilité 2026
- Ministère de la Transition écologique – Développement des bornes de recharge
- ADEME – Agence de la transition écologique
- BOSS – Bulletin Officiel de la Sécurité Sociale